Céline Dion et René Angélil étaient sous le choc hier à l'annonce du décès de Luciano Pavarotti. Depuis dix ans, il était pour eux un ami et le plus grand chanteur qu'on ait jamais eu.
«C'est un choc terrible, a déclaré hier René Angélil au Journal de Montréal. Céline et moi l'avons appris de notre garde de sécurité hier à minuit en revenant du Colosseum.
«On l'aimait beaucoup, a-t-il ajouté. On s'y attendait; le cancer du pancréas ne pardonne pas. Mais ça nous touche beaucoup. On a beaucoup de peine.»
Des points communs
Le couple Dion/Angélil avait fait la rencontre de Pavarotti pour la première fois lors d'une leçon de chant à New York, où Céline avait interprété pour Pavarotti You Bring Me Joy, d'Anita Baker.
Près de huit ans plus tard, en 1997, Pavarotti et Céline se rencontraient à nouveau pour enregistrer en duo I Hate You Then I Love You sur l'album de Céline Let's Talk About Love, sur lequel on
retrouve également My Heart Will Go On et qui s'est vendu à 30 millions d'exemplaires.
Invités à dîner à la demeure du ténor à New York, Céline et René avaient immédiatement sympathisé avec Pavarotti et sa conjointe Nicoletta Mantovani, avec qui le ténor commençait une relation.
Les deux couples avaient plusieurs points en commun. Les deux femmes avaient le même âge et toutes deux un grand écart d'âge avec leur homme.
Céline et René entretenaient depuis des liens d'amitié avec Luciano Pavarotti et Nicoletta. Ils se téléphonaient chaque fois qu'un événement important ponctuait leur vie, s'étaient parlé lors du
mariage du ténor et de son ex-secrétaire, lors de la naissance de René-Charles et aussi quand la fille du ténor, Alice, était née en 2003.
Mêmes docteurs
Luciano Pavarotti et Céline Dion avaient le même médecin pour la voix, d'abord le docteur Gould, celui-là même qui avait demandé à Céline d'arrêter de parler durant trois semaines, en 1989, quand
elle avait perdu la voix, puis depuis le décès de ce dernier, le docteur Gwen S. Korovin, une grande spécialiste en otho-rhino-laryngologie.
En 1998, Céline Dion avait chanté à l'événement humanitaire annuel Pavarotti and Friends dans la ville natale du ténor, Modène, en Italie.
La dernière fois que le couple a vu Pavarotti chanter, c'était au gala des Grammys en 1998. Ce soir-là, le ténor avait interprété Nessun Dorma, un tableau de l'acte final de l'opéra Turandot de
Giacomo Puccini. Céline, elle, avait chanté The Prayer en duo avec Andrea Boccelli.
«Cette performance nous avait marqués tous les deux Céline et moi, se souvient René Angélil. C'était incroyable.»
Céline et René, retenus à Las Vegas, ne prévoient pas se rendre aux funérailles de Pavarotti. Ils comptent toutefois parler à Nicoletta.
Gino Quilico a perdu son père professionnel
Gino Quilico, notre grand barython québécois, perd un ami proche, une présence importante dans sa vie. «Louis Quilico était mon père biologique, mais Luciano Pavarotti était mon père dans le
monde de l'opéra», confie-t-il en entretien avec Le Journal de Montréal.
Joint sur son cellulaire en après-midi hier, c'est un homme fort ébranlé qui s'est confié au Journal.
«Je savais qu'il était malade depuis un moment déjà, mais on n'est jamais réellement préparé à la mort», soupire Gino Quilico, qui s'avoue très attristé par la nouvelle.
Rencontres multiples
Le baryton québécois a eu la chance de connaître l'homme derrière la légende, partageant plusieurs repas dans l'intimité de Luciano Pavarotti, en plus de fouler la scène à ses côtés.
«C'était un homme extraordinaire, très généreux. Il m'a prodigué de précieux conseils, tant sur ma vie personnelle que professionnelle. Luciano Pavarotti appréciait beaucoup les situations
simples, dans l'intimité», se souvient Gino Quilico avec émotion.
Les deux chanteurs ont partagé la vedette d'opéras partout dans le monde. De San Francisco au Japon, en passant par New York, les deux hommes ont souvent voyagé ensemble. Ils entretenaient une
relation privilégiée qui a laissé un souvenir impérissable dans la mémoire de Gino Quilico.
«Je me rappellerai toujours le sentiment d'être à ses côtés sur scène, d'entendre sa voix directement dans mes oreilles», témoigne-t-il.
Vers une renommée internationale
C'est d'ailleurs ce son si riche et caractéristique qui a fait de Luciano Pavarotti une vedette à l'échelle internationale, selon Gino Quilico.
«Le timbre de sa voix est si unique. Du moment où on l'entend, on sait aussitôt qu'il s'agit du grand Luciano Pavarotti. Puis ensuite, on se rappelle sa personnalité si chaleureuse et son sourire
contagieux», explique-t-il.
Gino Quilico se console en sachant que la mémoire de Luciano Pavarotti restera à jamais vivante par le biais de son oeuvre.
«Il nous a laissé le plus bel héritage qu'on puisse espérer: sa voix», conclut Gino Quilico, ému.